Les fins d’année sont propices aux bilans et aux nouvelles perspectives. 2015 a-t-elle été une bonne année pour les ESN ? Que nous réserve l’année 2016 ? Quels sont les secteurs qui montent ? Réponses dans cet article.

graphique illustrant la croissance des ESN en 2015

 

L’année 2015 a été globalement meilleure que prévu pour les ESN (ex. SSII et sociétés de conseil)

2015 meilleure que prévu, qui l’eut cru. En avril dernier, le Syntec tablait sur une croissance de 1,8 % et a annoncé dernièrement que les services informatiques, le logiciel et le conseil en technologies devraient connaître une croissance de 2,1 % cette année. L’embellie est due à une accélération de l’activité au 3e trimestre et conforte une amélioration du climat des affaires pour ce marché qui pèse plus de 50 milliards d’euros. Les entreprises dans les secteurs d’activités informatiques affichent même un optimisme marqué quant à leur situation économique : 31 % (+5 points en un an), contre 23 % tous secteurs confondus.

En 2014, la croissance n’avait été que de 0,7 %, après des années 2012 et 2013 très difficiles. La crise se conjugue donc au passé.

La situation révèle néanmoins certains contrastes. Si les services IT (+2 %) et le conseil en technologies (+1 %), poids lourds du secteur, n’ont pas été en 2015 les plus dynamiques, le logiciel se porte très bien avec une croissance de 3,4 % (à relativiser tout de même, car il ne pèse que 22 % du total).

Et si les activités traditionnelles, qui constituent également une large part de l’activité, ont connu une relative stabilité, les SMACS (acteurs du Social, Mobilité, Analytics, Cloud, Sécurité) ont connu un essor important avec une croissance de + 16,9 % en 2015, mais ne pèsent que 12 % du total de l’activité.

 

infographie conjoncture pour ESN Syntec novembre 2015

 

L’embellie va se poursuivre en 2016 pour les ESN, mais la France reste à la traîne

En 2016, le marché devrait encore progresser, de l’ordre de 2,4 % selon le Syntec. Les SSSI devraient connaître une croissance de 2,3 %, le conseil 1,2 %. Le secteur du logiciel devrait croître de 3,6 %, et le Syntec prévoit pour les SMACS une croissance de 17,6 % en 2016.

La croissance pour 2015 reste 50 % inférieure à celle des États-Unis (+4,1 %), du reste du monde (4,4 %) et en dessous de la moyenne en Europe de l’Ouest (3,1 %). Et la tendance ne devrait pas évoluer favorablement l’an prochain.

La raison est simple : la France est en retard sur la transformation numérique. Ce constat se vérifie aussi en examinant le nombre de SSII et de cabinets de conseil qui n’ont pas encore amorcé leur virage pour devenir de véritables ESN.

Le Gouvernement s’est saisi de cette problématique. La loi Macron 2 devrait voir le jour en janvier 2016 et comporte un volet important : la stratégie NOÉ (Nouvelles Opportunités Economiques) pour accompagner et dynamiser la transformation numérique des entreprises. Son but affiché : libérer les potentiels inexploités du gisement numérique en matière d’activités et de créations d’emplois. Au programme : définition du nouveau terrain de jeu du numérique, financement des start-ups moteurs d’innovation, protection et accompagnement des individus par la formation professionnelle.

 

La situation de de l’emploi IT continue toujours d’être aussi contrastée pour les ESN

La transformation numérique exige de nouveaux profils. Des milliers d’offres sont à pouvoir. Pourtant, l’inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi entretient depuis de nombreux mois une situation très problématique : le nombre de chômeurs dans la profession n’a jamais été aussi élevé depuis l’hiver 2003 et les entreprises du secteur IT se plaignent d’une pénurie de compétences. Stimuler la formation pour répondre aux besoins en compétences est une priorité annoncée par les partenaires sociaux et les pouvoirs publics, mais les effets ne se feront sentir qu’à moyen ou long terme.

À court terme, une solution pour les recruteurs consisterait à séduire des candidats en provenance de l’étranger. Sur ce point, la France a visiblement du mal à attirer les compétences recherchées. Dans une étude intitulée « Opportunités et challenges pour les employeurs européens du secteur des technologies », le jobboard international Indeed a mis en évidence que les offres d’emploi en France ne sont pas très attractives comparées à celles d’autres pays européens comme le Royaume-Uni et l’Irlande.

En réalité, les perspectives d’embauches favorables annoncées par certains experts semblent surtout profiter aux cadres. Selon l’Apec, 93 % des entreprises du secteur ont déclaré vouloir embaucher au moins un cadre au 4e trimestre 2015. Les profils dotés de 1 à 10 ans d’expérience sont les plus recherchés. Les jeunes diplômés ont mis en 2015 en moyenne 10 mois pour trouver un emploi après la sortie de leur école. Le marché est dans l’incapacité d’intégrer efficacement de nouveaux entrants et des demandeurs d’emploi.

Une autre tendance s’est confirmée sur 2015 : les salaires d’entrée sont en baisse, quelle que soit la catégorie d’emploi.

Un point positif : l’emploi a été davantage porté par le développement de l’activité que par le Turn-over RH.

 

La révolution numérique sera un puissant catalyseur d’opportunités économiques en 2016.

Le syntec affirme que 42 % des ESN en 2015 ont vu la taille de leurs projets augmenter dans une dynamique de transformation numérique.

Le Syntec anticipe que la prise de conscience ayant suivi les événements tragiques du 13 novembre devrait favoriser les investissements dans la Cybersécurité et le Big Data, avec des opportunités d’affaires à la clé pour les ESN.

Les experts en sécurité s’accordent pour dire qu’en 2016, la plus grande menace sera celle des logiciels malveillants conçus pour franchir les défenses des entreprises, quelle que soit leur taille, et des infrastructures critiques.

Le nombre d’attaques sur mobile continuera de croître. D’après une étude menée par Check Point en 2015, 42 % des entreprises ont subi des incidents de sécurité mobile leur coûtant plus de 200 000 €, et 82 % s’attendent à une augmentation du nombre d’incidents. Tous les objets connectés (Appareils connectés, mais aussi voitures, avion, trains connectés, wearables, etc.) seront de plus en plus concernés par les attaques des hackers.

Le Big Data continuera bien entendu à porter les volumes d’activités vers le haut. Selon Microsoft, le Big Data devrait amorcer un virage vers des pratiques plus éthiques dans la collecte et le traitement des données à grande échelle. À suivre….

Mais ceux qui tireront certainement le mieux leur épingle du jeu seront les entreprises capables d’être des « champions de l’intégration », selon Jeanine Banks, Executive Vice-President Global Products and Solutions chez Axway : « Alors que l’internet des objets deviendra de plus en plus mature, que les appareils mobiles fourniront des gratifications instantanées, que le Big Data deviendra de plus en plus important et que les API proliféreront, de nouveaux écosystèmes de développeurs et de partenaires se formeront. Depuis les objets connectés aux machines intelligentes, dans toutes les industries, les entreprises vont devoir augmenter leur maîtrise de l’intégration et être capables d’assurer la connexion sécurisée entre n’importe quel objet. Monde physique et monde virtuel ne feront plus qu’un pour permettre l’avènement de l’économie numérique ».

Les cabinets de conseil auront également à jouer un rôle important en tant qu’accompagnateur de la révolution numérique. Dans l’étude « Les cabinets de conseil en management face à la transition numérique », les experts de Xerfi ont rappelé que pour 2015, les entreprises avaient besoin d’expertises dans les domaines de La Business Intelligence, du Big Data, des technologies collaboratives, des applications et du Cloud computing. Xerfi invite les cabinets de conseil à évoluer et à avoir une approche plus globale du digital (voir graphique ci-dessous source : Xerfi).

ESN : les cabinets de conseil accompagnent la transformation numérique

Crédits photos : Maksym Yemelyanov / Stocklib.fr 

Une réaction au sujet de « Bilan 2015 et Perspectives 2016 pour les ESN : la crise est-elle bien derrière nous ? »

  1. ESN Arkeup

    Bonjour,
    En voyant les chiffres, on se rend compte qu’il y a vraiment des différences entre ce que l’on vit dans une société et ce qui en est à l’extérieur. Je ne savais pas que le chômage augmente dans notre secteur. C’est peut-être le nombre de débutants qui en est la cause. Et c’est parce que les ESN veulent des salariés qui peuvent assurer les travaux dès le premier jour. Les débutants ne sont donc pas souvent acceptés. Pour cette année, je pense qu’il y aura une hausse en matière de CA. Quant au taux de chômage, ça reste à voir…

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